C’est une douleur familière pour de nombreux coureurs, qu’ils soient amateurs ou confirmés. Une pointe aiguë, localisée juste sous les côtes, qui survient sans crier gare au milieu d’une séance et contraint à ralentir, voire à s’arrêter. Ce phénomène, communément appelé point de côté, bien que généralement bénin, reste une source de frustration et d’inconfort. Si ses origines exactes font encore l’objet de débats au sein de la communauté scientifique, plusieurs pistes sont explorées et des stratégies efficaces existent pour le prévenir et le gérer. Comprendre ce qui se joue dans notre corps lors de l’effort est la première étape pour pouvoir enfin courir l’esprit et le corps légers.
Table des matières
Comprendre le point de côté : définition et causes
Le point de côté, ou douleur abdominale transitoire liée à l’exercice (ETAP en anglais), est une crampe localisée qui touche principalement la région abdominale. Elle est souvent décrite comme une douleur vive, lancinante ou tiraillante. Bien qu’elle puisse survenir dans n’importe quel sport, elle est particulièrement fréquente dans les activités impliquant des mouvements répétitifs du torse, comme la course à pied ou la natation.
Qu’est-ce qu’un point de côté ?
La douleur se situe le plus souvent sur le côté droit de l’abdomen, sous le diaphragme, ce muscle essentiel à la respiration. Elle n’est pas dangereuse pour la santé mais peut être suffisamment intense pour stopper net un athlète dans son effort. Sa prévalence est élevée : certaines études indiquent que jusqu’à 70% des coureurs en ont fait l’expérience au cours de la dernière année. C’est une gêne fonctionnelle, liée à l’effort, qui disparaît rapidement au repos.
Les causes multifactorielles
La science n’a pas encore identifié une cause unique et définitive au point de côté. Plusieurs hypothèses coexistent et il est probable que la douleur soit le résultat d’une combinaison de facteurs. Parmi les plus cités, on retrouve :
- L’irritation du péritoine : Le péritoine est une membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen. Les secousses répétées de la course pourraient irriter ses deux feuillets (pariétal et viscéral), provoquant la douleur.
- Le stress sur les ligaments : Les organes internes (foie, estomac) sont reliés au diaphragme par des ligaments. Les impacts au sol pendant la course exerceraient une tension sur ces ligaments, tirant sur le diaphragme et déclenchant la douleur.
- Une crampe du diaphragme : Un afflux sanguin insuffisant vers le diaphragme pendant un effort intense, combiné à une respiration rapide et superficielle, pourrait provoquer une crampe de ce muscle.
- Des facteurs digestifs : Un repas trop copieux, trop riche ou consommé trop près de l’effort peut surcharger le système digestif et contribuer à l’apparition du phénomène.
Ces différentes pistes montrent que le point de côté est un problème complexe. Heureusement, même sans certitude sur la cause exacte, il est possible d’agir sur ces différents facteurs déclenchants.
Une fois ces mécanismes potentiels identifiés, il devient plus aisé de mettre en place des stratégies préventives concrètes pour minimiser les risques d’apparition de cette douleur handicapante.
Prévenir le point de côté : les bonnes pratiques
La meilleure façon de lutter contre le point de côté est de l’empêcher de survenir. Cela passe par l’adoption d’une routine d’entraînement réfléchie et la mise en place de quelques habitudes simples mais efficaces. La prévention est un travail de fond qui porte ses fruits sur le long terme.
Adapter son entraînement progressivement
L’une des erreurs les plus fréquentes, notamment chez les débutants, est de vouloir augmenter trop vite la durée ou l’intensité des sorties. Le corps a besoin de temps pour s’adapter à de nouvelles contraintes. Une augmentation brutale du stress mécanique et physiologique peut facilement déclencher des points de côté. La règle d’or est la progressivité : on recommande généralement de ne pas augmenter son volume hebdomadaire de plus de 10%. Soyez à l’écoute de votre corps et ne brûlez pas les étapes.
Le renforcement du tronc
Un tronc (ou « core » en anglais) solide est la fondation d’un bon coureur. Les muscles profonds de l’abdomen, des obliques et du dos jouent un rôle crucial dans la stabilisation du bassin et du torse pendant la course. Un gainage efficace permet de réduire les mouvements parasites et les secousses subies par les organes internes, diminuant ainsi la tension sur les ligaments viscéraux. Des exercices simples comme la planche, le gainage latéral ou le « bird-dog », pratiqués régulièrement, feront une grande différence. Vous pouvez réaliser ces exercices sur un simple tapis de sol pour plus de confort.
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La prévention passe donc par une bonne planification et un renforcement musculaire adéquat. Mais ces pratiques doivent être complétées par une attention particulière portée à deux éléments clés de la performance : l’échauffement et la gestion du souffle.
Le rôle de l’échauffement et de la respiration
Un départ à froid ou une respiration mal maîtrisée sont des invitations directes au point de côté. Ces deux aspects, souvent négligés, sont pourtant des piliers de la prévention. Ils préparent le corps à l’effort et assurent un apport optimal en oxygène, limitant ainsi le stress sur le système respiratoire et le diaphragme.
Un échauffement indispensable
L’échauffement ne doit jamais être optionnel. Son but est d’augmenter progressivement la température corporelle, le rythme cardiaque et le flux sanguin vers les muscles, y compris les muscles respiratoires. Un bon échauffement pour la course à pied devrait durer au moins 15 à 20 minutes et inclure :
- Une phase de marche rapide ou de footing très lent.
- Des exercices d’échauffement dynamique (montées de genoux, talons-fesses, rotations des bras et du bassin).
- Quelques accélérations progressives sur de courtes distances.
Cette préparation permet au diaphragme de s’adapter en douceur à la demande accrue en oxygène, réduisant le risque de crampe.
Maîtriser sa respiration
Pendant l’effort, beaucoup de coureurs adoptent une respiration thoracique, c’est-à-dire rapide et superficielle. Cette technique est peu efficace et met une pression excessive sur le haut du corps. La solution est d’adopter la respiration abdominale ou diaphragmatique. Elle consiste à respirer « par le ventre » : à l’inspiration, le ventre se gonfle, et à l’expiration, il se creuse. Cette méthode permet une ventilation plus profonde et plus efficace, oxygénant mieux le corps et relaxant le diaphragme. Entraînez-vous au repos, puis essayez de l’intégrer lors de vos footings à allure modérée. Viser un rythme respiratoire régulier, par exemple en inspirant sur trois pas et en expirant sur deux, peut également aider à stabiliser le torse.
Au-delà de la préparation physique immédiate, ce que vous consommez avant de chausser vos baskets a un impact tout aussi déterminant sur l’apparition des douleurs abdominales.
Gestion de l’alimentation et hydratation avant la course
Le contenu de votre estomac et votre niveau d’hydratation au moment de prendre le départ sont des facteurs critiques. Un système digestif en plein travail ou un corps déshydraté sont des terrains propices à l’apparition du point de côté. Une planification minutieuse de vos apports est donc essentielle.
Que manger avant de courir ?
La règle fondamentale est d’éviter les repas copieux, riches en graisses et en fibres, dans les deux à trois heures qui précèdent une séance. Ces aliments ralentissent la digestion et augmentent le volume dans l’estomac, ce qui peut accroître la pression sur le diaphragme. Privilégiez des collations légères et riches en glucides simples, plus faciles à digérer. Le timing est crucial, comme le résume le tableau suivant :
| Temps avant la course | Type d’aliments recommandés |
|---|---|
| 3-4 heures | Repas complet mais digeste (pâtes, riz, poulet grillé, légumes cuits). |
| 1-2 heures | Collation riche en glucides (banane, barre de céréales, compote). |
| Moins d’une heure | Très léger, voire rien si la séance est courte (quelques fruits secs). |
L’hydratation, un équilibre à trouver
Une bonne hydratation est vitale pour la performance et la prévention des crampes. Cependant, boire une grande quantité d’eau juste avant de partir est contre-productif. Cela alourdit l’estomac et peut contribuer à l’irritation du péritoine. La stratégie est de boire régulièrement et en petites quantités tout au long de la journée. Avant de courir, contentez-vous de quelques gorgées. Pour les sorties longues, emportez avec vous une flasque ou une ceinture d’hydratation pour boire de petites quantités à intervalles réguliers.
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L’alimentation et l’hydratation sont des paramètres internes que vous pouvez contrôler. Il en va de même pour votre gestuelle et votre façon de vous tenir, qui ont une influence mécanique directe sur la zone abdominale.
Posture et technique de course : éviter le point de côté
Votre façon de courir a un impact mécanique direct sur votre corps. Une mauvaise posture ou une technique inefficace peuvent créer des tensions inutiles, notamment au niveau du tronc, et favoriser l’apparition du point de côté. Travailler sa technique n’est pas réservé aux élites, c’est un levier de confort et de prévention pour tous.
Adopter une posture droite
Courir avachi ou avec les épaules rentrées comprime la cage thoracique et la cavité abdominale. Cette position entrave le mouvement naturel du diaphragme et peut exacerber les tensions sur les ligaments internes. La posture idéale en course à pied est d’être grandi, mais détendu. Imaginez un fil qui vous tire vers le haut depuis le sommet de votre crâne. Gardez le dos droit, le regard porté loin devant et les épaules basses et relâchées. Cette ouverture de la cage thoracique facilite une respiration ample et profonde.
L’impact de la foulée
Une foulée trop lourde, avec une attaque du sol par le talon loin devant le centre de gravité, génère des ondes de choc importantes qui se répercutent dans tout le corps, y compris sur les organes. Une foulée plus légère, avec une cadence de pas plus élevée (autour de 180 pas par minute est souvent citée comme une bonne référence), permet de réduire ces impacts. Des chaussures de course adaptées à votre foulée et à votre poids peuvent également jouer un rôle d’amorti non négligeable.
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Malgré toutes ces précautions, il peut arriver que la douleur se manifeste. Savoir comment réagir est alors la dernière clé pour ne pas laisser un point de côté gâcher votre sortie.
Que faire en cas de point de côté pendant la course ?
Même avec la meilleure préparation du monde, le point de côté peut parfois s’inviter à la fête. La panique est inutile. Il existe des gestes simples et des techniques efficaces pour gérer la douleur et, dans la plupart des cas, être capable de repartir après quelques instants.
Les premiers réflexes à adopter
Dès que vous sentez la douleur poindre, le premier réflexe est de réduire drastiquement votre allure. Passez à un footing très lent ou même à la marche. Cela diminue immédiatement la demande en oxygène et les impacts au sol. Concentrez-vous sur votre respiration : ralentissez-la et rendez-la plus profonde, en insistant sur l’expiration. Souffler longuement, comme si vous vouliez faire de la buée sur une vitre, peut aider à détendre le diaphragme.
Techniques de soulagement actives
Si la douleur persiste malgré le ralentissement, vous pouvez essayer quelques actions ciblées :
- La compression manuelle : Appuyez fermement avec vos doigts sur la zone douloureuse pendant que vous expirez profondément. Relâchez la pression en inspirant. Répétez plusieurs fois.
- L’étirement latéral : Arrêtez-vous et levez le bras du côté de la douleur au-dessus de votre tête. Inclinez-vous doucement du côté opposé jusqu’à sentir un étirement le long de votre flanc. Maintenez la position pendant 20 à 30 secondes.
- La synchronisation respiration-foulée : Essayez de modifier votre schéma respiratoire. Une technique connue consiste à expirer de manière forcée au moment où le pied opposé à la douleur touche le sol. Par exemple, si la douleur est à droite, expirez fort quand votre pied gauche frappe le sol.
Ces techniques permettent souvent de dissiper la douleur en moins d’une minute, vous autorisant à reprendre votre course, d’abord prudemment, puis en retrouvant progressivement votre allure.
La gestion du point de côté en course à pied repose sur une approche globale. En comprenant ses causes potentielles, il est possible d’agir en amont grâce à une préparation physique adéquate, incluant un renforcement du tronc et un échauffement systématique. La maîtrise de la respiration abdominale, couplée à une gestion intelligente de l’alimentation et de l’hydratation, constitue une défense solide. Enfin, une bonne posture et une technique de course efficace minimisent les contraintes mécaniques. Si la douleur survient malgré tout, des gestes simples permettent de la soulager rapidement. L’application de ces conseils vous aidera à faire du point de côté un lointain et mauvais souvenir.








