Phase d'affûtage : clé du succès pour le marathon

Phase d’affûtage : clé du succès pour le marathon

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Noël fitness

La période précédant un marathon est souvent perçue comme un compte à rebours angoissant, où chaque décision semble pouvoir anéantir des mois d’efforts. Pourtant, cette phase finale, connue sous le nom d’affûtage, est moins une menace qu’une opportunité stratégique. Loin d’être une simple période de repos, l’affûtage est un processus scientifiquement fondé qui vise à transformer la fatigue accumulée en une performance optimale. Pour le coureur, amateur comme élite, comprendre et maîtriser cette étape est une des clés fondamentales pour franchir la ligne d’arrivée non seulement avec fierté, mais aussi en ayant atteint son plein potentiel. C’est l’art de faire moins pour gagner plus.

Comprendre la phase d’affûtage

Définition et objectifs principaux

L’affûtage, ou tapering en anglais, est la réduction progressive et stratégique de la charge d’entraînement dans les semaines qui précèdent une compétition majeure comme le marathon. L’objectif n’est pas de se reposer complètement, ce qui pourrait conduire à un déconditionnement, mais de permettre au corps de se régénérer tout en conservant les acquis physiques. Les buts principaux sont de réduire la fatigue physiologique et psychologique accumulée, de réparer les micro-déchirures musculaires et de surcompenser les réserves énergétiques, notamment le glycogène musculaire, qui sera le carburant principal le jour de la course.

Les mécanismes physiologiques en jeu

Plusieurs adaptations bénéfiques se produisent dans le corps durant un affûtage bien mené. Sur le plan hormonal, on observe une diminution du cortisol, l’hormone du stress, et une augmentation de la testostérone, favorisant la réparation tissulaire. Le volume sanguin et le nombre de globules rouges peuvent également augmenter, améliorant ainsi la capacité du sang à transporter l’oxygène vers les muscles. D’un point de vue énergétique, c’est le moment où les muscles, moins sollicités, stockent le glycogène au-delà de leurs niveaux habituels. C’est ce qu’on appelle la surcompensation glycogénique, un facteur déterminant pour l’endurance sur 42,195 kilomètres.

Les erreurs courantes à éviter

La peur de perdre sa condition physique pousse de nombreux coureurs à commettre des erreurs durant cette phase. La plus fréquente est de ne pas réduire suffisamment le volume d’entraînement, empêchant ainsi une récupération complète. Une autre erreur est de réduire à la fois le volume et l’intensité. Il est crucial de maintenir des rappels d’intensité pour que le système neuromusculaire reste « allumé ». Enfin, certains coureurs cessent toute activité, ce qui peut entraîner une sensation de lourdeur et une perte de réactivité. Voici une liste des pièges à éviter :

  • S’arrêter complètement de courir.
  • Continuer à faire des sorties longues et épuisantes.
  • Réduire drastiquement l’intensité en plus du volume.
  • Profiter de ce temps libre pour faire d’autres activités physiques intenses (bricolage, déménagement, etc.).
  • Changer radicalement son alimentation ou tester de nouveaux équipements.

Avoir une compréhension claire de ces mécanismes et des pièges potentiels est la première étape. Il convient maintenant de déterminer la durée optimale de cette phase pour qu’elle soit la plus bénéfique possible.

La durée idéale de l’affûtage

Facteurs influençant la durée

Il n’existe pas de durée unique et parfaite pour l’affûtage qui conviendrait à tous les coureurs. La durée idéale dépend de plusieurs facteurs individuels. Le volume d’entraînement global pendant la préparation est le premier critère : un coureur qui s’entraîne 80 kilomètres par semaine aura besoin de plus de temps pour récupérer qu’un coureur qui en parcourt 40. L’expérience du coureur joue aussi un rôle. Un athlète aguerri connaît mieux les réactions de son corps et peut ajuster sa période de récupération plus finement. Enfin, l’âge et les capacités de récupération personnelles sont des éléments déterminants.

Les différentes approches : deux ou trois semaines ?

La plupart des plans d’entraînement pour marathon proposent une phase d’affûtage de deux ou trois semaines. Une période de trois semaines est souvent recommandée pour les coureurs à fort volume ou ceux qui se sentent particulièrement fatigués à la fin de leur préparation. Une période de deux semaines peut suffire pour les coureurs moins expérimentés ou ceux dont le volume d’entraînement était plus modéré. La réduction du kilométrage est progressive dans les deux cas, mais le rythme diffère.

Semaine avant le marathon Réduction de volume (Approche 3 semaines) Réduction de volume (Approche 2 semaines)
Semaine -3 Réduction de 20-25% par rapport à la semaine pic Entraînement normal ou dernière semaine pic
Semaine -2 Réduction de 40-50% par rapport à la semaine pic Réduction de 30-40% par rapport à la semaine pic
Semaine -1 Réduction de 60-70% par rapport à la semaine pic Réduction de 60-70% par rapport à la semaine pic

Signes d’un affûtage réussi ou raté

Un affûtage réussi se manifeste par une sensation de fraîcheur et d’énergie. Les petites douleurs disparaissent, les jambes semblent légères et une forte envie de courir se fait sentir. C’est ce que l’on nomme parfois la « folie du taper ». À l’inverse, un affûtage raté peut se traduire par un sentiment de lourdeur, de fatigue persistante ou, au contraire, une impression d’avoir perdu sa forme physique. Il est crucial d’écouter ces signaux pour éventuellement ajuster les derniers jours d’entraînement.

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Déterminer la bonne durée est essentiel, mais le contenu des séances durant cette période l’est tout autant. Il faut maintenant se pencher sur la manière d’adapter concrètement son programme d’entraînement pour en tirer tous les bénéfices.

Adapter son entraînement pour maximiser les résultats

Réduction du volume : comment et de combien ?

La réduction du volume est le pilier de l’affûtage. Comme vu précédemment, elle doit être progressive. Concrètement, cela signifie réduire la distance de chaque sortie. Par exemple, une sortie de 12 km peut devenir une sortie de 8 km, puis de 5 km la semaine suivante. La dernière sortie longue, généralement effectuée deux à trois semaines avant la course, ne devrait pas excéder 1h30 à 1h45 pour ne pas générer de fatigue excessive. Le nombre de séances hebdomadaires peut aussi être légèrement réduit, en privilégiant des jours de repos complet.

Maintien de l’intensité : le secret de la performance

C’est le point le plus contre-intuitif et pourtant le plus important. Réduire le volume ne veut pas dire courir au ralenti. Il est fondamental de conserver de l’intensité pour maintenir les adaptations physiologiques et la « mémoire » musculaire. Cela se fait par de courtes fractions courues à l’allure marathon, voire un peu plus vite (allure 10 km). Ces rappels d’allure, intégrés dans des footings plus courts, permettent de garder le système neuromusculaire actif et de se sentir efficace et rapide le jour J, sans créer de fatigue. Une séance type pourrait être : 20 minutes d’échauffement, suivies de 3 ou 4 blocs de 5 minutes à allure marathon, puis un retour au calme.

L’importance des séances clés

Durant l’affûtage, deux types de séances restent importantes. La dernière sortie un peu longue (environ 90 minutes) à J-15 ou J-14 permet de faire un dernier rappel d’endurance. La dernière séance de qualité, souvent placée à J-10 ou J-9, inclura les rappels d’intensité mentionnés plus haut. Ensuite, les séances deviennent très courtes et légères. C’est aussi le moment de vérifier une dernière fois son équipement, notamment ses chaussures, pour s’assurer qu’elles sont bien rodées mais pas usées.

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L’adaptation de l’entraînement est donc un jeu d’équilibriste entre repos et stimulation. Cette logique atteint son paroxysme lors des sept derniers jours, une période où chaque détail compte.

La semaine cruciale avant le marathon

La semaine cruciale avant le marathon

Plan d’entraînement jour par jour

La dernière semaine est consacrée à la récupération et au maintien de la fraîcheur. Le volume est minimal. Un plan type pourrait ressembler à ceci :

  • Lundi (J-6) : Repos complet ou 30 minutes de récupération active très légère (vélo, marche).
  • Mardi (J-5) : Footing de 30-40 minutes avec 2×5 minutes à allure marathon.
  • Mercredi (J-4) : Repos complet.
  • Jeudi (J-3) : Footing très léger de 20-25 minutes avec 3 ou 4 accélérations de 100 mètres pour délier les jambes.
  • Vendredi (J-2) : Repos complet. C’est le moment de préparer ses affaires et de retirer son dossard.
  • Samedi (J-1) : Footing de 15-20 minutes maximum pour activer l’organisme, suivi de quelques étirements légers.
  • Dimanche (J-J) : Le grand jour !

Nutrition et hydratation : la surcharge glucidique

À partir de J-3, l’alimentation prend une place prépondérante. C’est le début de la surcharge glucidique. L’objectif est d’augmenter la part des glucides dans l’apport calorique total (environ 70%) pour remplir les réserves de glycogène au maximum. Il ne s’agit pas de manger plus en quantité, mais de modifier la composition de ses assiettes : pâtes, riz, pommes de terre, pain. L’hydratation est également cruciale. Il faut boire régulièrement de l’eau tout au long de la journée pour arriver parfaitement hydraté sur la ligne de départ. Une ceinture d’hydratation peut être utile pour les dernières sorties et pour le jour J.

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Gestion du stress et préparation mentale

La nervosité monte inévitablement. Pour la gérer, il est conseillé de se concentrer sur des tâches concrètes : préparer sa tenue de course, ses gels énergétiques, sa montre GPS. Visualiser la course, son déroulement, l’arrivée, peut être un puissant outil de préparation mentale. Il faut éviter les sources de stress inutiles, bien dormir et se répéter que le travail a été fait. La confiance en sa préparation est le meilleur antidote contre l’anxiété pré-compétitive.

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Cette dernière semaine est un concentré de la philosophie de l’affûtage. Tout est orienté vers un seul but : arriver dans les meilleures dispositions possibles. Pour cela, la récupération doit être une priorité absolue.

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Optimiser la récupération pour le jour J

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Le sommeil : votre meilleur allié

Le sommeil est sans doute l’outil de récupération le plus puissant et le plus sous-estimé. C’est pendant les phases de sommeil profond que le corps libère l’hormone de croissance, essentielle à la réparation musculaire et à la régénération cellulaire. Durant la phase d’affûtage, et surtout la dernière semaine, il est impératif de viser 8 heures de sommeil par nuit, voire plus si possible. Il faut essayer de se coucher et de se lever à des heures régulières pour stabiliser son horloge biologique.

Récupération active et passive

La récupération ne se limite pas au repos complet. La récupération active, comme la marche ou le vélo à très faible intensité, peut aider à maintenir la circulation sanguine et à éliminer les déchets métaboliques sans créer de fatigue. La récupération passive est tout aussi importante. Les massages, l’auto-massage avec un rouleau en mousse ou des étirements doux peuvent soulager les tensions musculaires résiduelles. Le port de chaussettes de compression peut également favoriser le retour veineux et réduire la sensation de jambes lourdes.

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L’alimentation au service de la régénération

Au-delà de la surcharge glucidique des derniers jours, l’alimentation durant toute la phase d’affûtage doit soutenir la récupération. Un apport adéquat en protéines est nécessaire pour aider les muscles à se reconstruire. Il est également judicieux de consommer des aliments riches en antioxydants (fruits, légumes colorés) pour lutter contre le stress oxydatif généré par les mois d’entraînement intense. Boire beaucoup d’eau reste une règle d’or pour faciliter tous ces processus métaboliques.

En combinant ces différentes stratégies de récupération, le coureur met toutes les chances de son côté. Pour parachever cette préparation, quelques conseils de bon sens permettent de sécuriser l’ensemble de la démarche.

Conseils pour un affûtage efficace et performant

Conseils pour un affûtage efficace et performant

Écoutez votre corps avant tout

Un plan d’entraînement est un guide, pas un dogme. Durant l’affûtage, plus que jamais, les sensations priment. Si une douleur apparaît, il ne faut pas hésiter à prendre un jour de repos supplémentaire. Si l’on se sent anormalement fatigué, il est peut-être sage de raccourcir une sortie prévue. La flexibilité est la clé. L’objectif est d’arriver frais, pas de suivre un programme à la lettre au détriment de son état physique.

Ne testez rien de nouveau

C’est la règle d’or de la semaine précédant la course. « Rien de nouveau le jour de la course » s’applique aussi à la semaine d’affûtage. C’est le pire moment pour essayer une nouvelle paire de chaussures, un nouveau gel énergétique, un nouvel aliment au petit-déjeuner ou une nouvelle tenue. Il faut s’en tenir à ce qui a été testé et validé pendant les longues semaines de préparation pour éviter toute mauvaise surprise (ampoules, troubles digestifs, irritations).

Planifiez votre logistique

Le stress mental peut être aussi épuisant que le stress physique. Pour l’éviter, il est recommandé de planifier toute la logistique en amont. Comment se rendre au départ ? Où garer sa voiture ? À quelle heure se lever ? Quel petit-déjeuner prendre ? Avoir des réponses claires à toutes ces questions permet de libérer son esprit et de se concentrer uniquement sur la course. Préparer son sac avec sa tenue, son dossard et sa nutrition la veille est un rituel apaisant.

Faites confiance à votre entraînement

Enfin, le plus important est peut-être de se faire confiance. Les mois d’entraînement sont dans les jambes. La forme physique ne va pas disparaître en deux semaines de volume réduit. L’affûtage n’est pas une période de perte, mais une période de gain : gain de fraîcheur, d’énergie et de motivation. Il faut accepter de moins en faire et avoir confiance dans le processus. C’est cette sérénité qui permettra de libérer tout son potentiel le jour J.

Finalement, la phase d’affûtage est le couronnement de la préparation au marathon. C’est une période stratégique où l’intelligence prend le pas sur la force brute. En maîtrisant la réduction du volume tout en conservant l’intensité, en optimisant la nutrition et le sommeil, et en gérant l’aspect mental, le coureur transforme des mois de labeur en une performance de pointe. Loin d’être une simple pause, c’est l’ultime réglage qui permet de se présenter sur la ligne de départ non seulement prêt à courir, mais prêt à réussir.

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